Chacun a déjà entendu ce conseil : lancer son sèche-linge la nuit permettrait de faire baisser sa facture d’électricité. À l’heure où le moindre geste compte, faut-il croire à l’efficacité réelle de cette pratique, ou s’agit-il d’une croyance surfaite que l’on perpétue sans preuve ? Retour sur cet usage qui divise, chiffres à l’appui.
Comprendre l’origine du système des heures creuses

C’est dans les années 1960, à la faveur d’un réseau électrique en plein essor, qu’apparaissent les heures creuses en France. Le principe : lisser la demande en énergie en modifiant les tarifs selon l’heure de la journée et inciter les foyers à déplacer l’utilisation d’appareils énergivores. L’évolution des modes de vie, et plus récemment la volonté d’intégrer le renouvelable, ont fait évoluer le dispositif.
À partir de 2025, une réforme s’esquisse avec l’apparition d’heures creuses en journée pour accompagner la montée du solaire, tout en conservant un minimum de cinq heures creuses nocturnes.
Ce qui motive cette pratique
L’électricité coûte moins cher quand la demande est faible. Pour les particuliers, cela se traduit par un tarif réduit pendant les plages creuses, qui varient de 22h à 7h selon les communes.
Face à la flambée des prix de l’énergie et à la généralisation des compteurs connectés, nombreux sont ceux qui voient dans cette répartition horaire une opportunité de réduire leurs charges.
La réforme à venir imposera progressivement le passage à cette grille tarifaire pour tous les compteurs dotés d’une puissance supérieure à 9 kVA, modifiant encore le quotidien des ménages.
Sèche-linge et économies réelles : démêler le vrai du faux

Le sèche-linge concentre toutes les attentions car il consomme, selon les modèles, entre 2 et 5 kWh par cycle.
La différence se creuse par exemple entre un appareil à évacuation ancienne génération (jusqu’à 4 kWh) et un modèle à pompe à chaleur plus récent (autour de 2 kWh).
Concrètement : lancer un cycle de 3 kWh coûte 0,54 € en heures pleines (0,18 €/kWh) contre 0,36 € durant les heures creuses (0,12 €/kWh). Sur cent cycles par an, le gain atteint 18 €.
Si on calcule selon la consommation annuelle moyenne (301 kWh), l’économie plafonne à 10 € sur la facture annuelle, hors variation tarifaire du fournisseur.
Ce chiffre déçoit souvent ceux qui espéraient un impact substantiel. Les économies, bien que réelles, restent limitées pour une utilisation domestique standard.
Investir dans un appareil à pompe à chaleur fait la différence sur la durée, mais le décalage des cycles à la nuit n’aboutit qu’à une réduction marginale du budget, surtout pour un ménage qui ne multiplie pas les cycles.
Derrière le mythe : les limites concrètes
Lancer son sèche-linge de nuit n’est pas toujours le choix le plus confortable.
Le bruit peut gêner le sommeil ou les voisins, selon le type d’habitat et l’ancienneté de la machine. Autre réalité : les plages horaires des heures creuses changent d’une région à l’autre, obligeant à ajuster précisément ses habitudes pour espérer une économie.
Les contraintes logistiques s’ajoutent vite : linge oublié, tambour trop chaud à l’aube, organisation bousculée dans les foyers où le temps manque déjà.
Il arrive également que l’électricité nocturne soit produite dans des conditions moins écologiques, selon le mix énergétique du moment, atténuant d’autant l’intérêt environnemental de cette astuce.
Le passage au sèche-linge « intelligent » et la programmation en différé facilitent l’usage, mais imposent là encore une certaine discipline domestique.
Et avec la réforme, quelles perspectives ?
La grande transformation annoncée en 2026 vise à mutualiser davantage la consommation sur les heures les moins tendues d’un réseau désormais irrigué d’électricité solaire.
Désormais, il sera possible de programmer son sèche-linge aussi bien la nuit qu’en milieu de journée, particulièrement en été.
Les appareils connectés et les prises intelligentes permettent d’automatiser ces cycles pour saisir la meilleure fenêtre tarifaire selon la météo ou la saison.
Ces adaptations concerneront à terme d’autres appareils énergivores du foyer, dans une logique de maison plus agile et de gestion optimisée.
Ce tournant promet un gain potentiel plus élevé, pour peu que chacun apprenne à décrypter précisément les plages tarifaires assignées par son fournisseur.
« L’économie réalisée en changeant d’habitude reste modeste, mais c’est la répétition de petits gestes, associés à de meilleurs appareils, qui finit par compter dans une démarche durable. »
Lancer son sèche-linge la nuit, fake ou pas ? Chiffres en main, l’économie existe mais n’a rien de spectaculaire pour la plupart des ménages.
Le vrai gain s’obtient surtout par le choix du bon modèle et quelques automatismes d’usage, davantage que par le strict recours aux heures creuses.
Alors, cette astuce fait-elle vraiment la différence dans votre quotidien ? Votre expérience compte : partagez votre ressenti, et transmettez ces infos autour de vous si elles vous semblent utiles.
Les nouveaux usages liés à la réforme 2026 pourraient encore rebattre les cartes… Affaire à suivre pour tous les amateurs de sobriété et d’ingéniosité domestique !


