Un matin, alors que la rosée habillait encore le jardin d’un voile argenté, le regard d’Anne s’est posé une fois de plus sur cette souche massive plantée au beau milieu de son petit paradis. C’est la première chose qu’on voit en passant le portillon – elle dérange, elle irrite, comme une écharde enracinée dans le décor, impossible à arracher sans y perdre des plumes (et son portefeuille !).
Le terrain : une verrue au jardin, affichée au grand jour

Sur ce carré de pelouse que la famille bichonne depuis des années, tout paraît en ordre, jusqu’à ce que la lumière du soir étire l’ombre déformée de la souche, fossilisant sous les pas un passé d’orage ou d’abattage contraint. Autour, l’herbe hésite, laissant des plaques crevassées, comme des petits rappels qu’ici, rien n’est jamais totalement maîtrisé.
À chaque tonte, le moteur bute. « On en a assez, on n’ose plus inviter les amis dans notre coin lecture, on a tout essayé, sauf la scie à main – et vu le prix du dessouchage, on hésite… », souffle Anne* en posant le pied sur ce bois usé, devenu ennemi invisible du confort, mais jamais du paysage. Le bruit des oiseaux apaise à peine l’agacement venu chaque printemps.
Témoignages : entre découragement et renaissance poétique
Même sentiment du côté de Tom*, bricoleur patient : « J’ai calculé, rien que la location du broyeur, ça dépasse les 150 euros… Autant retourner la situation et en faire quelque chose de sympa. » Dans la rue, on s’inspire des magazines, des comptes Instagram de chineuses qui transforment leurs verrues en bancs à histoires ou en tables de fortune. Mais au départ, la frustration est la même partout : une souche, c’est l’échec des grands travaux… et pourtant, une promesse, peut-être.
« On croit que c’est une erreur de laisser une souche au milieu, mais elle devient vite le cœur d’un tout nouveau récit de jardin », observe Anne*, un brin fière, en montrant désormais le massif qui la recouvre.
Faits et astuces concrètes pour métamorphoser une souche

Les professionnels ne l’avouent pas toujours, mais dessoucher coûte cher, parfois jusqu’à 400 euros, rien que pour faire disparaître la « gêne ». Anne s’est renseignée, puis a changé de voie : « Avec quelques planches, j’ai monté un massif surélevé. Résultat, la souche disparaît sous un tapis de vivaces et c’est elle qui nourrit la terre, au lieu de l’appauvrir ! »
Tom, lui, a préféré creuser directement dans la souche. Muni de patience et d’une vieille scie, il en a fait une jardinière naturelle, loge pour plantes grasses et fleurs récupérées lors du dernier vide-greniers local. Certains posent simplement un gigantesque pot coloré ou transforment la souche en piédestal, ajoutant cachet et dénivelé au décor. Le bois se patine, les mousses colonisent, et soudain, la faute de goût se mue en terrain de jeu pour le regard.
L’art de transformer l’inutile en décor vivant
À la tombée du jour, quand le massif fraîchement créé invite les merles à venir s’y abriter, Anne n’échangerait sa souche contre rien. « On a transformé un défaut en fierté familiale », glisse-t-elle en caressant les feuilles du géranium qui la recouvre. Tom sourit : « Même abîmée, la souche porte des années d’histoires. C’est un peu comme rénover un buffet trouvé au marché : chaque cicatrice devient une force. »
Ce coin jadis délaissé, creusé par le regret, est devenu une scène de vie, vivante, joyeuse, parfois poétique. Et si le jardin n’est jamais parfait, chacun y tisse son propre récit autour de ces objets qui semblent presque parler à ceux qui savent encore les écouter.
Vous aussi, avez-vous déjà été tenté de transformer une souche récalcitrante ? Partagez vos astuces ou vos plus belles métamorphoses en commentaire, et faites circuler ces idées à ceux que la beauté du recyclage inspire ! Que deviendra la vieille souche de votre jardin ? Le débat reste ouvert…
*Les personnes interrogées ont souhaité conserver l’anonymat.


