Pourquoi un simple trou dans le manche d’une poêle fait-il le tour des réseaux sociaux et interroge autant nos souvenirs que nos gestes quotidiens ? Depuis quelques semaines, cette question a envahi les conversations de cuisine. Derrière le clin d’œil nostalgique, une vraie interrogation : cette astuce virale est-elle fondée ou relève-t-elle du mythe ? Place à l’analyse.
De la viralité sociale à l’histoire d’un objet

Tout commence avec des vidéos qui circulent à grande vitesse : poser sa cuillère ou spatule dans le trou du manche, voilà le détail que des millions d’internautes découvrent ou redécouvrent sur TikTok et Instagram. Ce qui impressionne, ce n’est pas tant l’astuce elle-même, mais l’étonnement sincère des utilisateurs, et leur envie de sortir des solutions toutes faites pour valoriser des objets familiers.
Mais le phénomène n’a rien d’un caprice de l’ère numérique ! Avant cette effervescence en ligne, le trou du manche avait déjà sa place dans les cuisines d’autrefois, pensé pour faciliter la vie en cuisine : moins de désordre, plus d’organisation. Une invention qui n’avait rien de décoratif, mais s’inscrivait dans la recherche d’ergonomie, surtout quand l’espace manquait.
Ce que disent la conception et l’usage réel
Le XXe siècle a marqué l’entrée de la cuisine domestique dans l’ère industrielle, avec des fabrications standardisées. Les fabricants ajoutent au manche ce trou supposé multifonction : on peut y accrocher la poêle ou… y glisser une cuillère le temps d’une sauce ou d’un mijoté. Une façon de garder le plan de travail propre et d’éviter d’avoir à poser des ustensiles sur des surfaces parfois peu hygiéniques.
La double utilité est clairement documentée dans les archives – mais, depuis les années 1970, les argumentaires marketing insistent sur la facilité de rangement plus que sur l’usage en cours de cuisson. D’où l’étonnement des jeunes générations qui n’ont pas vu leurs parents ou grands-parents utiliser l’astuce, la pratique étant surtout restée vivace chez les cuisiniers professionnels ou dans d’autres cultures culinaires.
Un effet concret sur l’organisation et l’hygiène

Poser sa spatule ou cuillère par ce biais limite les coulures. Les expériences partagées en ligne montrent jusqu’à 80 % de plans de travail moins salis. Cela répond aux préoccupations d’hygiène domestique grandissantes : moins de contamination croisée, pas d’ustensiles laissés au hasard. Mais tout le monde n’adopte pas le geste, par habitude ou par méconnaissance.
« J’ai vu cette astuce sur TikTok, j’ai vérifié sur la poêle héritée de ma grand-mère : le trou y est, parfaitement adapté. On se demande pourquoi on ne l’a pas fait plus tôt ! »
Pourquoi cette fonction a été oubliée ?
L’industrialisation et le renouvellement des ustensiles ont favorisé d’autres formes de rangement, reléguant l’astuce au second plan. Dans de nombreux foyers, le geste ne s’est pas transmis, et la mode du « tout spécialisé » (porte-cuillère, repose-ustensile séparé, gadgets design) a effacé la mémoire de cette invention modeste mais pertinente.
Les changements de mode de vie, la réduction du temps passé en cuisine et le marketing des accessoires segmentés n’ont fait qu’accélérer ce mouvement. Seules quelques cuisines professionnelles ou cultures étrangères, notamment en Asie avec le wok ou aux États-Unis chez certains fabricants, ont maintenu la pratique, en l’adaptant au fil du temps.
Une redécouverte influencée par la nostalgie et la tendance rétro
Ce retour d’intérêt pour le trou dans le manche s’inscrit dans une tendance contemporaine à revisiter les objets du quotidien pour leur redonner du sens et de la valeur. La quête de durabilité, de simplicité, et la mode des « life hacks » défendent le retour à l’essentiel : exploiter les inventions futées d’hier avec l’œil curieux d’aujourd’hui. Les marques commencent d’ailleurs à communiquer à nouveau sur ce genre de fonctionnalités oubliées.
Fake ou pas : la réponse
L’astuce du trou dans le manche pour servir de repose-cuillère n’a rien d’une légende : elle fut pensée, dessinée et, longtemps, utilisée. Mais l’oubli provient de nos pratiques, pas d’une erreur de design. Les vidéos virales ne font que raviver un usage efficace mais tombé en désuétude.
Vers de nouveaux usages ?
On assiste à une réappropriation des petits trucs ingénieux qui promettent de faire gagner de la place et de la propreté dans les cuisines du futur. Les marques pourraient imaginer demain des manches à trous modulables, intégrant de nouveaux matériaux, ou des accessoires écoresponsables adaptés à ce vieux geste retrouvé.
Ce trou vous a-t-il déjà sauvé d’un plan de travail encombré ? Partagez votre expérience ou votre astuce oubliée… Et si cet article vous a surpris, n’hésitez pas à transmettre l’info autour de vous ! Qui sait, combien de détails cachés attendent encore leur heure de gloire ?


